Publié le 25/03/2026
Droit d’accès : la CJUE admet qu’une demande, même unique, puisse constituer un abus de droit
La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a récemment clarifié la portée du droit d’accès au titre de l’article 15 du RGPD, stipulant qu’une demande d’accès peut être jugée excessive, même si elle est formulée pour la première fois. En effet, il est désormais possible de considérer qu’une demande unique peut constituer un abus de droit, à condition que le responsable du traitement démontre, à travers des éléments objectifs et subjectifs, que la requête a été faite dans le but d’obtenir un avantage indu.
Le droit d’accès est fondamental pour garantir la transparence des traitements de données personnelles et constitue une porte d’entrée vers d’autres droits. Cependant, la CJUE a souligné que cet accès ne doit pas être détourné de son objectif initial. Les abus se produisent souvent dans des contextes de relations tendues, où le droit d’accès est utilisé pour créer des dossiers en vue de contentieux.
Pour établir si une demande est excessive, la Cour propose d’examiner des critères précis, incluant les circonstances de la demande et l’intention de l’individu. Par exemple, le temps écoulé entre la fourniture des données et la demande d’accès peut être déterminant. En somme, la CJUE réaffirme que le respect formel des conditions du RGPD ne suffit pas à garantir que la demande ne soit pas abusive, ouvrant ainsi un débat crucial sur l’équilibre entre droits des individus et protections des responsables de traitement.
Droit & Technologies
Etienne Wery